n8n ou Make : quel outil d'automatisation choisir ?
Deux plateformes no-code, deux philosophies. Critères concrets (données, coûts, équipe, IA) pour choisir entre n8n et Make dans une PME.
Automatiser le tri des e-mails, générer un devis à partir d’un formulaire, envoyer chaque lundi un rapport consolidé : ces tâches ne demandent plus de développeur. Des plateformes dites no-code ou low-code permettent de relier vos applications et d’y insérer des modèles d’IA. Deux noms reviennent sans cesse : Make et n8n.
Les deux sont excellents. Ils ne répondent pas aux mêmes contraintes.
Make : la vitesse et le catalogue
Make, anciennement Integromat, est un service en ligne. On construit ses scénarios dans une interface visuelle très lisible, en reliant des modules : « quand un e-mail arrive → extraire la pièce jointe → l’enregistrer dans un dossier → prévenir l’équipe ».
Ses points forts :
- une prise en main rapide, y compris pour des profils non techniques ;
- un très large catalogue de connecteurs prêts à l’emploi ;
- aucune infrastructure à gérer : tout est hébergé par l’éditeur.
À surveiller : la facturation dépend du volume d’opérations exécutées. Un scénario qui tourne souvent sur beaucoup de données peut coûter plus cher que prévu. Vos données transitent aussi par les serveurs de l’éditeur, ce qui doit être évalué au regard de la nLPD selon leur nature.
n8n : le contrôle et la souplesse
n8n propose lui aussi un éditeur visuel, mais avec une différence de taille : il peut être installé sur votre propre infrastructure. Son code source est ouvert, sous une licence dite fair-code qui autorise l’usage interne en entreprise. Une version cloud payante existe aussi.
Ses points forts :
- les données peuvent rester chez vous, sur un serveur en Suisse par exemple ;
- en auto-hébergement, pas de facturation à l’opération ;
- une grande souplesse : on peut insérer du code quand le no-code ne suffit plus ;
- de bons outils pour construire des agents IA qui enchaînent plusieurs étapes.
À surveiller : l’auto-hébergement suppose quelqu’un pour installer, mettre à jour et sauvegarder le serveur. L’interface est aussi un peu plus exigeante pour un débutant.
Les critères qui tranchent
| Critère | Plutôt Make | Plutôt n8n |
|---|---|---|
| Données sensibles (clients, RH, santé) | Selon l’évaluation | Oui, en auto-hébergé |
| Équipe sans compétence technique | Oui | Avec accompagnement |
| Gros volumes d’exécutions | Coût à surveiller | Avantage |
| Démarrer cette semaine | Oui | Plus long si auto-hébergé |
| Logique complexe, agents IA | Possible | Très à l’aise |
Et l’IA dans tout ça ?
Les deux plateformes savent appeler les grands modèles (Claude, GPT, Mistral…) à n’importe quelle étape d’un flux. C’est là que l’automatisation change de nature : on ne se contente plus de déplacer des données, on les comprend. Classer un e-mail selon son intention, extraire les montants d’une facture, rédiger une première réponse : ces tâches deviennent automatisables.
Une règle simple vaut pour les deux outils : gardez un humain dans la boucle pour tout ce qui part chez un client ou engage l’entreprise. L’automatisation prépare, la personne valide.
Notre recommandation
- Vous voulez tester vite un premier cas d’usage sans données sensibles : commencez par Make.
- Vos flux touchent des données confidentielles, ou vous prévoyez de gros volumes : partez sur n8n, idéalement auto-hébergé en Suisse.
- Dans le doute, l’important n’est pas l’outil mais le processus : un flux bien pensé se porte d’une plateforme à l’autre.
Nous formons les équipes aux deux outils et construisons avec elles leurs premières automatisations. Voir le service automatisation ou nos formations no-code.